Après une première analyse des modalités du débat en ligne lié au Grenelle de l'environnement, je vous propose de faire un petit tour d'horizon des conversations naissantes.
Le site officiel du Grenelle est de plus en plus riche. L'initiative de l'agence en charge de l'animation du site et des débats n'y est sans doute pas étrangère. Plusieurs blogueurs ont en effet reçu un courriel leur présentant l'ensemble du dispositif mis en place pour favoriser l'essor du débat. Dès le départ, le ton est doné : aucune directive éditoriale n'a été fixée : "(...) nous vous invitons à participer à différents évènements liés au Grenelle de l’environnement et/ou à ses thématiques. Votre participation consistera à réaliser votre propre reportage, en toute liberté, sous forme de texte, photos, vidéos et de le poster sur le site Internet du Grenelle". Ce court paragraphe, bien avant la liste des outils mis en place, et surtout bien plus important qu'eux, confirme à toutes fins utiles que les codes de la communication de l'échange sont bien respectés.
Point de contraintes, point de contrôle éditorial sur ce qui peut ou doit être dit. On imagine certes qu'un article au contenu illicite (incitation à la haine, diffamation, etc.) sera rejeté par les responsables de la publication sur le site. C'est là un point important ; la publication n'est pas libre sur le site du Grenelle. Pour que son article soit repris, on doit l'envoyer par courriel aux responsables, ceux-ci décidant (ou non ?) de le publier. La possibilité que se réservent ainsi les responsables éditoriaux du site n'est pas choquante ; on ne va pas leur reprocher d'écarter des contenus parfaitement odieux ou bêtement injurieux sur le Grenelle. En revanche, il serait souhaitable que les critiques bien conçues et énoncées sur les propositions du Grenelle puissent être publiées sur le site. Nous ne sommes pas en présence d'une entreprise qui vend un produit dont le capital image doit être légitimement préservé avec soin, mais bien dans le cadre d'un débat public sur des enjeux que nous avons tous en partage. Cela justifie une ouverture du débat aussi large que possible. C'est en ce sens que le Gouvernement a pleinement raison de mettre le sujet entre les mains des citoyens, sans chercher à préserver, à ce stade, ses partis pris par rapport aux hypothèses tierces.
Pour le reste, le dispositif proposé aux blogueurs est de très bonne facture. Espace mis en place sur Flickr, coordonnées des responsables de l'animation des débats en ligne, échos du web, etc.
Ailleurs sur Internet, les débats sont vifs. Comme prévu, le site Noé
fonctionne très bien avec plus de 3.000 membres qui ont beaucoup
commenté les propositions émises. Le débat a également lieu sur différents sites:
- Agora Grenelle
- Le Grenelle Environnement (jeu de paume)
- Journal de bord de France Nature Environnement
- Grenellorama (les ONG environnementales se mobilisent ensemble et centralisent le débat autour de leurs propositions, très intéressant)
- ...
Bref, un débat très riche et très dense. Je réitère donc mon propos précédent en la matière, il conviendra de hiérarchiser, d'analyser et de mesurer ce foisonnement d'idées, d'où qu'elles viennent et où qu'elles soient sur la toile. Je crois savoir que Stanislas devrait aborder ce point dans les jours à venir. Pour ma part, je vous proposerai bientôt un entracte sur la logique participative choisie par le Grenelle pour mener à bien ce chantier...

