Qu'est ce qui différencie les blogueurs et les journalistes ? On pensait avoir fait le tour de cette vieille rengaine, mais on avait oublié de citer, dans la colonne "points communs", la question du pitch RP.
Comme la grippe et les marroniers, à intervalles réguliers, on a droit à une nouvelle diatribe de V.I.B. (Very Important Bloggers), maladroitement contactés par des agences de communication. C'est là un "privilège" des blogueurs dits "influents", qu'ils partagent avec la plupart des journalistes, quotidiennement spammés jusqu'à la lie par des communiqués mal ciblés, mal tournés, mal pitchés.
Les blogueurs sont-ils donc plus susceptibles, plus vindicatifs que les journalistes ? Voire. Il y a quelques jours à peine, Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired, a frappé fort : il a publié un billet au vitriol, façon "mur de la honte", listant les adresses mails professionnelles des "lazy flacks" (terme péjoratif désignant les attachés de presse) qui "spamment" plus qu'ils ne "pitchent". Oeil pour peil, spam pour spam : c'est évidemment le meilleur moyen de livrer ces adresses aux robots spammeurs, et d'humilier nommément au passage les agences référencées.
Que "Julien" se rassure donc ; il n'est ni le premier ni le dernier communicant à encaisser ce genre de lynchage blogosphérique. Pas d'excès de Schadenfreude non plus ; ce genre de "retour de buzz" arrive au moins une fois dans chaque agence.
L'important cependant serait d'en tirer les leçons, non pas agence par agence, mais au niveau collectif des professionnels des RP et du marketing qui essaient, mine de rien, de faire évoluer les pratiques de la profession, de leur agence, de leurs clients pour se mettre à l'heure du 2.0, comme on dit dans "Strat' ". Le collectif bloggeragency, qui regroupe ces communicants-blogueurs peut jouer, sans prétention, ce rôle de "trait d'union" entre le monde des médias sociaux, et le monde des agences.
Faut-il envisager des règles et des codes, comme ce fut le cas aux Etats-Unis, avec une liste "opt-in" et "opt-out" des pitchs d'agence ? L'expérience montre l'inanité de ce genre de dispositif. Faut-il envisager une code de bonnes pratiques, à la manière de la charte Nethique, co-élaborée avec les principaux intéressés ?
Certes, chacun préfère garder ses méthodes et son savoir-faire, mais si l'on souhaite que les annonceurs et les marques soient moins frileux, et acceptent de se prêter au jeu, autant que les nouvelles règles du jeu soient connues -et comprises- de tous.
PS : lire aussi sur le même sujet "RP on-line ou bon vieux spam" chez Internet et Opinion
