communication politique

06 novembre 2008

L'an II de la netpolitique : de la net-campagne à la net-gouvernance

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(cross-posted) Commençons pas le truisme du moment pour mieux l'évacuer : l'élection d'Obama est historique à bien des égards, et la campagne qu'il a mené fournira le modèle pour toutes les élections à venir, aux Etats-Unis et ailleurs. Et au coeur de ce modèle, l'utilisation d'internet pour réaliser le tryptique information/organisation/mobilisation fera là encore l'objet d'innombrables études et commentaires passionnants pendant les mois et années à venir.

Cette victoire, c'est aussi une victoire de l'internet en politique : sans aucun doute la victoire qui marque un tournant dans la courte histoire de la netpolitique. Cela fait 10 ans que l'on pavoisait sur l'impact, l'influence réelle d'internet en politique face à la réalité du terrain. Ce débat est désormais irrévocablement derrière nous.

Mais le débat à venir est encore plus fascinant car il touche à l'exercice du pouvoir et pas seulement à sa conquête. Après le temps de la campagne vient le temps du gouvernement, mais après la net-campagne, que se passe-t-il ? La net-campagne d'Obama a dépassé toutes les attentes en matière de diffusion et partage d'information, en matière d'organisation, de fundraising, de grassrooting, mais a aucun moment, elle n'a porté sur le programme et la gouvernance du candidat une fois élu. Le modèle est à inventer, et à tester à l'épreuve des institutions représentatives.

Les fameuses netroots d'Obama -ces dizaines de milliers de compagnons de route- ne redeviendront pas des citoyens passifs, après avoir été des militants actifs. C'est une chance pour le nouveau Président qui pourra s'appuyer sur cet incroyable réseau populaire pour appuyer sa politique, mais cela également plusieurs défis indédits...

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08 octobre 2008

C'est la crise : Google Knol, le retour

Oracle (cross-posted) Google persiste et signe dans sa volonté de jouer un rôle d'oracle de plateforme d'information citoyenne au cours de la campagne présidentielle américaine.

Après Google InQuotes et Google Moderator, c'est le grand retour de Google Knol. En effet, à la faveur des débats et contre-débats sur la crise actuelle sur fond de campagne électoral, Google Knol, initialement surnommé le "wikipedia-killer ", relance sa plateforme en mobilisant des experts de divers think tanks pour discuter entre eux, et surtout avec les internautes, de la crise actuelle :

As with most articles in Knol, these are open to collaboration, so you can rate what you read, submit comments, write full responses (i.e. reviews), or even suggest edits to the author by making changes right in the knol itself. These experts are using Knol because they want to collaborate with readers, and they are committed to updating the articles based on your input.

Le débat se déroulera en mode "moderated collaboration" : intéressant de consulter les différents niveaux possibles de collaboration proposés par Knol.

06 août 2008

Twitter, la nouvelle arnaque des politiques (réaction à Libération)

(cross-posting : note originale)

Libe4aout2008 Vous avez aimé Second Life et la campagne ? vous avez adoré Facebook et les candidats ? alors vous adorerez Twitter et la nouvelle communication politique : c'est en tout cas ce que nous promet en substance Libération dans son dossier de couverture de lundi. Pas de demi-mesure, Twitter serait, c'est officiel, "la nouvelle arme des politiques".

Certes, Twitter est la dernière "killer app" à la mode dans l'arsenal du politique 2.0 : la preuve, les candidats américains s'en servent pour signaler en temps réel les derniers updates, comme autant de flash-infos personnels. A quelques jours près, l'article aurait même pu faire sensation avec un focus sur l'invraisemblable sit-in organisé par les Républicains à la Chambre des Représentants, chroniqué en direct par les élus eux mêmes, via Twitter, et caméras de téléphones portables.

Pour autant, de la fascination technologique au progrès démocratique, il y a un pas de géant (lire notamment sur ce point l'intéressante interview de Dominique Wolton). Pour ma part, j'avoue (bis repetita) avoir de sérieux doutes sur les applications de Twitter en communication politique : (>lire la suite)

27 juillet 2008

Obama & Sarkozy depuis les loges : différence de styles

Img_0158 C'est avec plaisir que j'ai répondu à l'invitation de l'Elysée pour venir assister à la conférence de presse commune tenue hier par Nicolas Sarkozy et Barack Obama, de visite en France dans le cadre de sa tournée internationale d'une semaine.

Le Président de la République et le sénateur des Etats-Unis ont longuement discouru de politique internationale, en évoquant avec insistance les poches d'instabilité que représentent l'Afghanistan, l'Iran et le Proche-Orient. Au-delà de ces considérations de fond, que je vous suggère d'appronfondir en d'autres lieux (traditionnels ou émergents), c'est la différence de styles entre les protagonistes que je vous propose d'analyser ici.

Comme nous le rappelle Sacha de Mémoire Vive, que les deux hommes s'expriment conjointement en un même lieu n'empêche nullement l'existence de deux contextes de prise de parole profondément différents.

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22 avril 2008

Inspiration = Mobilisation

Usandusban

Cross-Posting avec US & us

En 2008 aux Etats-Unis, comme en 2007 en France, il est intéressant de noter que c'est la politique qui donne le la en matière de stratégies de relation avec ses parties prenantes. Cela tient sans doute à l'étendue des enjeux concernés. On ne s'adresse pas seulement à la ménagère de moins de 50 ans, aux couples sans enfants, aux early adopters et à d'autres encore. En politique, on s'adresse à tous et à chacun, on se hausse au niveau de l'intérêt général, ce qui impose aux candidats et formations une ambition que peu d'entreprises sont tenues d'avoir.

Au gré des primaires qui passent, alors que John McCain est devenu le candidat putatif du parti Républicain, alors que Barack Obama et Hillary Clinton vont se déchirer quelques semaines encore avant que l'un d'entre eux ne détourne son ire, ou à tout le moins son opposition, à l'encontre du héros de guerre décoré, il est un sujet qui met la plupart des observateurs d'accord : les campagnes électorales à la mode du siècle dernier ont vécu !

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19 avril 2008

L'étincelle qui allume le feu des commentaires

Au-delà de notre travail d'entretien de ce modeste chapiteau commun qui accueille avec une bienveillance toujours renouvelée quelques visiteurs et de plus rares commentateurs pour discuter et débattre communication, marketing et web social, Stanislas et moi poussons bien évidemment cette logique d'échange à une échelle plus restreinte encore - pas sur Twitter, puisque comme lui j'utilise davantage Pownce.

Pour faire vivre ce site au sein de la longue traîne, et plus particulièrement au sein de la communauté du marketing et de la communication, nous confrontons souvent nos points de vue et réflexions en coulisses. Permettez-moi de partager un instant avec vous la teneur d'un de ces derniers échanges tenu dans les colonnes ouatées de nos boîtes de réception...

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18 mars 2008

L'Elysée veille

Ecoutevoir A peine l'annonce faite par l'Elysée qu'un collaborateur du Président allait être spécifiquement chargé d'écouter avec attention les conversations sur Internet, qu'un certain nombre de blogueurs prirent la plume pour manier sarcasme et ironie à l'égard du nouveau monsieur veille de la rue du faubourg Saint-Honoré, Nicolas Princen.

Cette petite vague, qui tient plus du mouton de mer que de la lame de fond en comparaison d'autres conversations ayant trait au Président de la République, n'en est pas moins vigoureuse après quelques 24 heures d'existence. On notera qu'un groupe Facebook a été créé pour souhaiter la bienvenue à Nicolas Princen.

Sans vouloir participer à l'accueil mouvementé réservé à ce nouveau collaborateur - et à l'occasion qui lui est ainsi donnée d'effectuer un premier exercice de veille - il me paraît utile de compléter les premières observations formulées par Netpolitique et pdld à ce sujet (le dernier qualifiant l'exercice de "pathétique veille"). Ce qui est critiquable, de mon point de vue, n'est pas tant la veille en tant que telle que la manière dont celle-ci a été présentée par l'Elysée dans les colonnes du JDD (le premier a en avoir parlé, rapidement rejoint par quelques autres) :

"Outre François de La Brosse qui s'occupe du site Internet de la présidence, un jeune normalien-HEC de 24 ans, Nicolas Princen, viendra renforcer ce pôle avec la charge de surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. L'objectif: contre-attaquer aussitôt. En quelque sorte, un retour à la méthode qui a permis à Nicolas Sarkozy de gagner."

L'Elysée choisit d'emblée une posture de défiance vis-à-vis des citoyens qui débattent sur le web, ce qui n'est certainement pas l'entrée en matière la plus judicieuse. On comprend certes la nécessité de tordre le cou à des contre-vérités et de faire respecter certaines règles juridiques, il aurait néanmoins été préférable d'indiquer par exemple que le Président entendait écouter les réactions de ses concitoyens actifs sur Internet, de prendre part au débat et de réagir, positivement ou négativement, aux propos qui s'y tiennent. Si bien des propos sont excessifs, rendant toute volonté éventuelle de dialogue vouée à l'échec, d'autres avancent avec la prudence des arguments et n'attendent sans doute qu'une porte ouverte au dialogue pour débattre de sujets de fond.

Toute veille n'est pas mauvaise en soi, loin s'en faut, encore faut-il s'en servir pour de bonnes raisons, et le faire savoir...

31 octobre 2007

Borloo et les armes de discussion massive

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N'est pas politique 2.0 qui veut, et les deux mandataires écologiques du Gouvernement ont orchestré une très belle partition. Le 10 octobre, ce furent le "tchat" de Jean-Louis Borloo (JLB), ministre de l'Ecologie, de l'Aménagement et du Développement durables, sur Orange et la réunion de blogueurs animée par Thierry Solère autour de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), secrétaire d'Etat à l'Ecologie - voir ce billet pour plus de détails. Le 17 octobre, ce fut au tour de JLB de recevoir des blogueurs, dont je fus, estampillés 21ème siècle dans les salons de l'hôtel de Roquelaure - voir les très bons compte-rendu et la richesse des échanges sur EcoloInfo, chez Gregory Pouy, sur Newzy (et oui, un média classique où officie le Dr journaliste, qui est aussi Mr. blogueur), sur Mémoire Vive, sur Effets de terre, sur The Green Post Box, sur croissance verte dans la crise des médias ou encore sur Blogs et intelligence économique.

Alors que Nicolas Sarkozy a dessiné les nombreux axes de réforme retenus pour préserver notre environnement, l'heure du bilan est venue. A quoi a servi le débat (en ligne et dans les régions) ? Aura-t-il encore un rôle à jouer pour favoriser la mise en oeuvre des mesures issues du Grenelle ?

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28 octobre 2007

Armes de Discussion Massive

Force est de constater que Thierry Solère avait raison : ce débat là ne serait pas un débat comme tant d'autres promettait-il, en parlant du Grenelle de l'Environnement. 

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29 septembre 2007

Grenelle de l'environnement : mise en place

Environnement Dès avant le lever de rideau, la magie du théâtre opère. C'est l'assourdissant bruissement de la salle, le grincement des pièces du décor que l'on ajuste, l'écho des cent pas du metteur en scène ou la complainte etouffée des cordes vocales que les comédiens échauffent. Puis le rideau se lève. Tout est en place. Le héros ou l'héroïne est là, entouré d'une troupe qui le met bien évidemment en valeur. Les scènes rythment les actes qui se succèdent. L'intrigue se noue, rebondit, se dénoue et s'éteint avec ses personnages.

En politique comme au théâtre, la mise en place d'une réflexion ou d'un chantier législatif s'est longtemps faite derrière un opaque rideau de velours. Clémenceau conférait même au rideau le pouvoir de faire oublier ce qui se tramait sous son ombre en rappelant que la meilleure manière d'enterrer un problème, c'était de créer une commission, aux portes généralement closes. Ainsi, parlementaires et ministres, syndicats et associations, pouvaient-ils se permettre d'avancer à tâton. L'agenda n'était pas clair, cela importait peu. Le rideau permettait d'avancer sans objectif précis, sans que l'on dut rendre de compte immédiat au public citoyen. C'est seulement lorsque le dossier était suffisamment ficelé que le rideau se levait.

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